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Magnolias for ever

Rencontre en pied d’arbre

Publié le 30 mai 2022

Rencontre avec Abdel, Hélène et Johan, habitants du quartier de la Goutte d’Or qui investissent une fois par mois leur temps libre, au service de l’entretien des pieds des magnolias de la rue saint Bruno.  

Le collectif Magnolias est né en 2014 : ayant eu vent d’un projet d’artificialisation des pieds des quatorze magnolias qui bordent l’église Saint-Bernard, des habitant.e.s ont eu envie de proposer à la mairie un projet alternatif. Plutôt que de bétonner, pourquoi ne pas jardiner ?

"Moi je fais ça pour l’amour de la nature"

« Moi je fais ça pour l’amour de la nature. La plante c’est comme ma fille, si ma fille me demande mon œil je lui donne. » s’exclame Abdel Kerba, mentor de la petite troupe de jardiniers. Employé par l’association la Goutte verte, il supervise avec beaucoup d’enthousiasme le collectif des magnolias. Formé en tant qu’ ingénieur botanique en Égypte, c’est comme architecte paysagiste qu’il exerce en France. « J’ai fait des corps d’état, si vous avez besoin de construire une maison depuis la base, je sais le faire. Les plans d’architecture je sais faire ». Puis, il y a un an, il quitte tout pour devenir salarié de la Goutte Verte en tant que jardinier animateur via un contrat « adulte-relais ». « J’ai tout quitté pour ce poste. L’animation est dans mon sang. »  

"Je suis parisienne, je n’avais jamais jardiné avant"

Pour entretenir les plantes qui entourent les douze magnolias de la rue, Abdel Kerba est accompagné d’Hélène Duvernoy. Arrivée à la Goutte d’Or en 2014, elle fait partie du collectif depuis ses débuts. Elle l’avoue, ces activités jardinages lui ont beaucoup appris. « Je suis parisienne, je n’avais jamais jardiné avant ». Grâce au collectif, elle découvre les différentes techniques de plantation et les caractéristiques de nombreuses plantes. « On plante plein de plantes différentes : des plantes aromatiques, des fleurs des roses etc. ». Abdel leur apprend à fertiliser des arbres et faire des croisements entre plusieurs fleurs. Le jardinier en chef fait des miracles. « C’était un arbre infertile, car un prunier mâle ne donne pas de fruits. Cette année il va donner des fruits grâce aux tailles et aux greffes. Maintenant nous avons des femelles pruniers. »

Tout cela demande du temps, car les bénévoles ne se contentent pas de planter des plantes adultes, grâce au Fonds de participation des habitants (FPH). Ils achètent des graines et attendent que le processus de pousse se fasse. Ils peuvent aussi compter sur les initiatives de certains riverains. Johan Pollefoort est l’un d’entre eux. L’année dernière, il propose au collectif de dessiner et construire pour eux les bacs qui délimitent les contours des zones de jardinage. « A la base je faisais du dessin animé, du court métrage. C’est moi qui aie construit les bacs et c’est comme ça que je suis entré dans le collectif », explique-t-il. Le 10 mai 2021, à la suite de la construction de ce premier bac, le Conseil de quartier Goutte d’Or - Château Rouge, vote en faveur du projet de financer le matériel pour trois nouvelles bordures à hauteur de 3 500 euros. C’est ainsi que Johan devient jardinier après avoir pris goût au fait de travailler dehors. « Ce qui est magnifique avec ça c’est que les gens qui passent, que l’on connaît pas, sont contents. Ils s’arrêtent pour discuter avec nous », confie Hélène. 

"Ici c’est plus rude mais en même temps c’est marrant"

Au-delà de l’aspect ludique et convivial de cette activité, la rue reste un terrain hostile à ce genre d’initiatives. En dehors de ses réunions mensuelles avec les habitant.e.s du quartier, Abdel Kerba doit s’occuper de l’entretien des bacs deux fois par semaine. Du fait du passage incessant des riverains, ils sont contraints de planter plusieurs fois les mêmes graines. « Ça fait 7 ans, tous les jours je veux arrêter. On enlève des coca cola, des fauteuils, du caca de chien. Ils cueillent les fleurs. C’est démotivant. » se plaint Hélène. Deux pieds de magnolias ont déjà été abandonnés, leur proximité avec les toilettes publiques les rendant trop dur d’entretien. Afin de pallier ces désagréments, Johan adopte certaines techniques « Tu ne peux pas mettre des plantes trop petites avec le passage, les chiens, se sont tous les aléas de la rue. Ici c’est plus rude mais en même temps c’est marrant. ». Les seuls déchets autorisés par Abdel sont les coquilles d’œuf, « riches en calcium, elles favorisent la pousse et rendent les fruits croquants ». À ces problèmes, s’ajoute la difficulté d’acheminement de l’eau dans la rue et le manque de bénévoles. Aujourd’hui le collectif peut compter sur cinq bénévoles réguliers pour l’entretien de ces pieds de magnolias ce qui rend la charge de travail par personne très importante.

On respire mieux entouré de verdure, donc si vous aussi, vous souhaitez faire vivre la nature en ville, de façon participative et collective, vous êtes attendus le samedi 18 juin au pied des magnolias florissants de la rue Saint-Bruno. 

Contact : 14magnolias@gmail.com

Texte et photos : Juliette Hirrien



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